Assemblée Nationale – Réunion sur la SYRIE – 19 juin 2013

Assemblée Nationale- Réunion sur la SYRIE- 19 juin 2013

Texte du Collectif pour la Syrie

Le Collectif pour la Syrie fut constitué pour alerter l’opinion publique sur le fait que les événements ne correspondaient pas à la présentation caricaturale faite par les médias et qu’un scénario qui a pu s’appliquer pour d’autres pays n’avait peut-être pas de raison d’être en Syrie.

Autant le Collectif pour la Syrie a toujours indiqué que les réformes sollicitées par les manifestants de la première heure étaient parfaitement légitimes autant le sentiment de récupération de ce mouvement et d’utilisation à des fins nettement moins démocratiques motivaient la ligne directrice du Collectif qui dès l’origine a été de prendre du recul face à une opposition auto-proclamée et d’alerter qui voulait bien l’entendre sur le risque d’un conflit régional.

Il a donc dès le départ refusé de rentrer dans la dialectique du « pour ou du contre » dans la mesure où prendre position signifie s’insérer dans un combat et par voie de conséquence l’alimenter mais par contre a milité pour une solution diplomatique et politique par le biais d’une conférence internationale.

Depuis la Syrie a subi une violence inouïe et s’est rapidement trouvée en état de guerre, rien moins que civile, dans la mesure où par combattants interposés, ce sont des nations extérieures qui visent à travers la déstabilisation de la Syrie à affaiblir vraisemblablement l’Iran sous couvert d’un soutien à un avènement démocratique, motivation à laquelle aujourd’hui plus personne ne croit.

Sur ce terrain de combat est venu se greffer l’intervention de groupes islamistes fondamentalistes dont l’objectif principal est l’instauration d’un état religieux islamiste.

La crise actuelle qui risque de pulvériser la Syrie est donc composée d’éléments de nature géopolitique, religieuse et loin derrière, d’un souci de démocratisation de l’état Syrien.

Aujourd’hui notre association pense qu’il faut combiner une action à moyen terme et à court terme.

A moyen terme, le collectif milite pour que le peuple syrien puisse dans un cadre incontestable prendre en main son avenir et décider seul de ce que doit être la Syrie de demain.

Pour ce faire pourraient être mises en place des élections législatives et présidentielles organisées, contrôlées et dépouillées par une institution internationale neutre comme par exemple le Centre international OLOF PALME.

A court terme nous pensons qu’au jour d’aujourd’hui exclure le régime en place de toute négociation est suicidaire et qu’il faut approuver et soutenir les tentatives d’organisation d’une conférence internationale à condition que l’ensemble des pays étrangers qui se servent de la Syrie pour tenter de faire valoir leur vision politique participe à cette conférence ainsi que le régime en place.

Cette conférence ayant pour but d’établir une feuille de route et de faire taire les armes.

Le socle sur lequel le collectif pour la Syrie souhaite que les débats s’instaurent repose sur des fondamentaux dont il pense qu’ils sont partagés par la majorité des citoyens syriens.

Il s’agit d’une part, du refus de toute ingérence étrangère ou fournitures d’armes de quelque pays que ce soit. Une démocratie ne s’instaure jamais par les armes.

Il s’agit d’autre part du maintien et de la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la Syrie, de l’Etat Syrien, de sa laïcité, de ses infrastructures et des symboles de sa souveraineté comme l’Armée et la Police Nationale Syrienne.

Le Collectif pour la Syrie regrette la position adoptée par la France qui a peut-être un peu trop rapidement légitimé une opposition qui n’est pas issue de la volonté populaire au détriment d’une opposition authentique qui existe en Syrie et qui a besoin d’être aidée pour se fédérer et présenter un programme politique économique et social au peuple Syrien.

Nous espérons donc que face à cette situation dramatique, la France et d’autres pays examineront avec intérêt l’avantage qu’il y a pour le peuple syrien d’envisager de soutenir une solution diplomatique et politique plutôt que d’envisager la fourniture d’armes aux rebelles.

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